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Paru dans La Tribune, Caroline Bouchard
Samedi 30 Janvier, 2010


Du jazz contre l'hiver
Bouchard, Caroline

RICHMOND - Comment se dérober aux caprices hivernaux de Dame Nature qui joue au yoyo? Au centre de Richmond, on y travaille en proposant à chaque début d'année un premier concert ensoleillé. Ce soir, ce sera à Denis Chang et son quartet qu'il reviendra honrer la tradition avec son jazz manouche, dont la tournée s'arrète pour la première fois en Estrie. Le guitariste montréalais, qui en est à son deuxième album, propose un choix de reprises à la sauche manouche et ne boude aucun style, en passant du rock au classique, du pop au RnB.

"Ce style musical m'est venu naturellement et son côté flexible et accessible est important pour moi. Il y a un côté jazz, classique, swing, et même le RnB et le soul sont ` la sauce manouche. Le choix des pièces que nous présentons est donc très éclectique et je voulais ainsi montrer mes différentes influences, dont Django Reinhardt fait partie. Après tout, c'east un style plus méconnu au Québec qu'en Europe, par exemple, et le défi est d'attirer les gens. Mais quand ils sont là, ils apprécient", assure Denis Chang.

En 2009, cet habitué des clubs de jazz de la métropole a aussi rencontré la foule au Festival de jazz de Montréal et l'on raconte que le chapiteau sous lequel se produisaient les musiciens n'a pas suffi à abriter les trop nombreux spectateurs présents. Denis Chang s'est aussi mérité de nombreuses distinctions, dont le Prix entrée en scène Loto-Québec et le Prix résidence de la Bourse Rideau.

La formation du guitariste montréalais est née à l'été 2008, et a été rejointe un an plus tard par le saxophoniste Ben Henriques, orginaire de la Colombie-Britannique. Font aussi partie du quartet l'Ontarien Paul Van Dyk, à la contrebasse, et Ivan Garzón, du Mexique, à la guitare rythmique. Tout un cocktail quand on sait aussi que Denis Chang, Québécois aux racines taïwanaises, a par ailleurs roulé sa bosse en Europe au cours de nombreux voyages. Tous se consacrent exclusivement à leur musique et tous s'entendent pour dire que la chimie se fait bien.

"On se chicane souvent, comme une vraie amille! admet Ivan Garzôn. Ce que j'apprécie, c'est qu'on est francs entre nous. Si quelque chose ne va pas, on se le dit et ça nous permet de nous améliorer. En tournée, on est toujours ensemble et c'est bon pour la cohésion. L'énergie qu'on donne en spectacle, les gens la trouvent spéciale. C'est une musique heureuse et ça se passe bien."

Un avis que partage la directrice du Centre d'art de Richmond, Jeannette Charland, qui confiait rechercher chaque année une musique pour casser l'hiver. "C'est ce qu'on voulait: une musique ensoleillée pour le premier spectacle de l'année afin de redonner de l'énergie", explique-t-elle, visiblement confiante de son choix.